Chat Glouton

Comment réguler la pris de poids
chez un chat trop gourmand

Il est courant que les chats adultes stérilisés deviennent un peu trop gourmands

et prennent de l’embonpoint..

Mais contrairement aux idées reçues, ne rationnez surtout pas votre chat !

Totalement contraire à ses besoins physiologiques,

le rationner lui causerait un immense stress et ne ferait qu’accentuer sa gloutonnerie.

 

 


Voilà les conseils que je vous donne :

 

♦ Donner à votre chat, quel que soit son âge, une alimentation à volonté, en libre-service, disponible 24h/24 :  c’est obligatoire !

(A volonté = toujours disponible, et non sur demande).

 

Tout comme le chat sauvage qui chasse régulièrement de petites proies dans la nature, le chat domestique a besoin de s’alimenter en de nombreuses petites prises journalières, entre 15 et 20 environ par 24h, selon les individus.

Souvent les maîtres craignent la prise de poids du chat et le mettent au régime anticipé de 2 repas pesés par jour. C’est proche de la maltraitance. Si l’on veut faire un parallèle avec le rythme alimentaire de l’humain, c’est comme si nous étions tributaires de quelqu’un qui nous donnerait à manger un gros repas, disons le lundi matin et le jeudi soir !

 

Que se passe-t-il pour le chat rationné, en termes de contrôle de poids ?

Souvent l’inverse de ce que l’on espère ! Le chat est en frustration alimentaire quasi permanente, facteur de stress important qui peut conduire le chat à tenter de retrouver son équilibre émotionnel par un comportement évacuateur de stress pour lui et, par conséquent, générateur de stress pour vous. Pour certains chats perpétuellement affamés, la nourriture deviendra une obsession. Ils se jetteront sur la gamelle dès qu’elle sera posée, ce qui renforcera leur réputation de « gloutons » qu’on doit rationner pour ne pas qu’ils grossissent. Le cercle vicieux est amorcé.

Le chat rationné va-t-il maigrir ? Rien de moins certain ! Le chat en frustration alimentaire se rue sur les croquettes dès qu’elles arrivent, mange tellement vite qu’il peut très mal assimiler ce qu’il ingère. Il mâche à peine, vomit parfois, et au final son métabolisme sous pression qui anticipe les périodes de famine va stocker au lieu d’éliminer.

 

Que faire ? Dédramatiser !

Un surpoids important n’est évidemment pas à prendre à la légère et doit être surveillé médicalement, en particulier parce qu’une prise de poids peut toujours être le signe d’un problème de santé.

Mais si votre chat conserve la ligne au prix d’une frustration permanente, l’inconfort et le stress engendrés peuvent aussi à la longue perturber sa santé.

Il faut faire preuve de réalisme : peut-on vraiment exiger une silhouette d’athlète d’un chat d’appartement, qui reste seul 10 heures par jour, avec lequel les humains n’ont pas vraiment le temps ni l’énergie de jouer ou de construire un parcours (cat walk) sur lequel déambuler, grimper et bouger un peu ? Sans sacrifier la santé de l’animal, il faut peut-être adapter un peu les courbes à la dépense énergétique et au mode de vie de l’individu.

Ce n’est donc pas seulement le chat qui est en cause, mais aussi l’existence qu’on lui propose.

La qualité de l’alimentation entre évidemment aussi en ligne de compte.


Proposer de la nourriture humide (pâtées), plusieurs fois par semaine. L’eau qu’elle contient va contribuer au bon fonctionnement des reins, et apporter plus vite la sensation de satiété.

 

La solution que je vous conseille vivement : les gamelles intelligentes : Pipolino ou Stimulo ou gamelles à fond spécial, dites « anti-glouton »…

– Elles servent à ralentir la prise alimentaire et à favoriser la sensation de satiété qui apparait au bout de 15 min, quelle que soit la quantité de nourriture ingérée.

– Elles favorisent également une meilleure digestion et assimilation des nutriments.

– Elles créent une stimulation et une occupation.

– Elles reproduisent une pseudo-prédation : introduire la patte dans un petit tunnel, essayer de sortir les croquettes d’un trou, attraper le tout avec les griffes, les amener à sa gueule, etc.

Voici l’article que j’ai écrit il y a quelques années pour le journal de notre club de race (le CEAT),

à propos de mon expérience avec le Pipolino :

 

 

Pipolino : une solution aux kilos en trop ?

 

Extrait de la visite annuelle de mon Estoc chez le vétérinaire :

           – Véto (sur un ton de reproche) : Il a encore pris du poids ce chat !

           – Moi (en toute mauvaise foi) : Peut-être un peu, mais ce n’est que du muscle.

           – Véto (goguenard, une main sur son estomac rebondi) : Ah bon, alors c’est comme moi !

 

Plaisanterie récurrente depuis deux ou trois ans, certes, mais il me faut bien admettre que mon Estoc si svelte dans sa prime jeunesse ne l’est plus du tout. Monsieur Chat savoure une retraite paisible de roi de la maison, profitant au gré des heureux événements des petits plats mitonnés (pour femelles gestantes) et des croquettes chatons (riches et grasses à souhait).

 

Estoc est donc enrobé. Voire gros, dison-le. Et suffisamment pour que sa santé soit menacée un jour par un vilain diabète, des troubles urinaires ou de la motricité, et autres joyeusetés. Le rationner tient du casse-tête : entre les femelles poids plumes à gaver en périodes de chaleurs, les grands chatons encore en croissance, et lui au milieu de tout ça qui a gagné le droit d’évoluer librement où bon lui semble, parce que c’est le privilège des découcougnettés, je ne suis pas parvenue à gérer son alimentation sur le long terme.

A l’affût d’une solution miracle, je me suis donc intéressée de plus près à ce Pipolino dont j’entends parler depuis des lustres.

 

Le Pipolino est à la fois un jouet et un distributeur de croquettes. On remplit le cylindre de croquettes, on le tourne pour régler le débit, et quand le chat le fait rouler, les croquettes s’échappent par les trous selon le débit choisi. L’idée est de réguler la distribution, car le chat ne mange qu’une ou deux croquettes à la fois, et ne se goinfre plus en avalant des paquets de 12. Ça l’occupe également un certain temps.

 

Les témoignages sur Internet sont très partagés, l’efficacité discutée, et très variable selon l’aptitude des chats à en comprendre et en adopter le fonctionnement. Mais comptant sur le QI de mes chats, forcément supérieur au reste de la gent féline, je commande en ligne (25€ environ), et reçois le colis quelques jours après : c’est un cylindre très gros (25 cm de long sur 10 de diamètre) et très laid ! Une espèce de saucisse bleu, verte et rose, en plastique, avec des trous. J’ai vu trop tard qu’il en existait de tailles différentes, aux couleurs plus discrètes.

Mes chats ont finalement mis 3 ou 4 jours à comprendre le fonctionnement de l’instrument et comment le faire tourner, au départ à coup de museau puis à coups de pattes.

 

Monsieur Pipolino nous promet monts et merveilles :

Je cite : « Pipolino est inoffensif et ne nuira ni à votre chat, ni à votre mobilier, ni à votre environnement sonore » (Vrai, mais les croquettes qui tournent font tout de même un petit son cristallin genre bâton de pluie, ce qui permet de vérifier à l’oreille que le chat a compris son fonctionnement).

« Il est facile d’entretien, fabriqué avec des matériaux plastiques de qualité alimentaire et qui peuvent être lavés au lave-vaisselle. » (Vrai).

« Avec ce produit, vous réalisez des économies, grâce à une consommation moindre de croquettes et une meilleure conservation des saveurs, donc de l’appétence des croquettes. » (Vrai, le stock descend moins vite.).

« Un distributeur pour chat esthétique (à chacun sons sens de l’esthétique, on va dire…) et silencieux à l’utilisation grâce au caoutchouc. » (mouais…).

 

 

Les inconvénients que j’ai notés à l’usage :

– On nous conseille de placer le Pipolino se place sur le sol, pour que le chat le fasse rouler à coup de pattes et de tête. L’argumentaire de vente nous promet que les chats consomment toutes les croquettes qui s’en échappent, et laissent le sol net. Hum… Alors et d’une je trouve que c’est très limite au niveau de l’hygiène, que le chat mange par terre. Et de deux, des croquettes restent sur le sol et accompagnent nos allées et venues de jolis bruits de biscottes écrasées.

– D’autre part, si vous avez un chien, comme moi, oubliez le Pipolino au sol ! Le chien vous vide le rouleau en un rien de temps. (Et là oui, le sol est nickel, pour le coup !)

 

Mais à l’heure où je termine cet article, après 3 mois d’essai, je peux dresser un bilan plutôt positif :

– Je mets le Pipolino sur une table, en hauteur, dans un plateau. Ça résout le problème du chien, de l’hygiène et de l’entretien.

– Je le passe au lave vaisselle (Il est démontable).

– La contenance de mon Pipolino est finalement parfaite pour le nombre de chats de la maison.

– Les chats ne jouent pas avec, ce qui n’est pas plus mal. Ils s’en servent seulement comme distributeur, en le faisant rouler seulement le temps nécessaire pour distribuer une quantité de croquettes satisfaisant leur appétit.

– Et enfin le plus important : mon Estoc a effectivement perdu du poids ! Il arrive maintenant à se toiletter le popotin, ce qui est un indicateur tout à fait fiable.

 

Je suis donc assez satisfaite du Pipolino qui évite les rationnements contraignants pour nous et frustrants pour les chats. Assez vite ils se régulent tout seuls.

Produit testé et approuvé, même si Estoc vient de me glisser à l’oreille qu’il regrette un peu le temps où il pouvait s’enfourner de pleines pelletées de croquettes dans le gosier… 🙂

 

 

Démonstration en images par Monsieur Jungle de la Mosquée bleu,

un de mes matous de l’époque :

 

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